L’heure du bilan pour les Boxers de Bordeaux après le marathon européenAu lendemain de l’issue de leur première campagne historique en Champions Hockey League (CHL), le manager général des Boxers de Bordeaux, Stéphan Tartari, dresse un bilan sans concession. Entre fierté des prestations européennes, gestion de l’infirmerie et urgence de se recentrer sur le championnat, le dirigeant bordelais fait le point avec transparence.
Une campagne européenne historique teintée de fierté et d’apprentissage
Au moment de retracer le parcours des six rencontres disputées en CHL, qui s’est achevé sur la glace du champion en titre Frölunda, le sentiment général au sein du club reste extrêmement positif.
« Si l’on retrace notre parcours, nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli dans le contenu et les résultats, même s’il y a aussi une part de déception », confie Stéphan Tartari.

Dès leur entrée en lice en Autriche face à Klagenfurt (défaite en prolongation) et Graz (victoire probante), les Boxers ont démontré leur potentiel face à des adversaires réputés supérieurs. « Tout le monde a élevé son niveau de jeu, appliqué les consignes à la lettre et été très solide défensivement », souligne-t-il.
Devant une patinoire Mériadeck en ébullition, Bordeaux a ensuite tenu tête à des cadors continentaux comme Mannheim et Pilsen (futur premier de la phase de poule). Face aux Allemands de Mannheim, les Bordelais ont livré une prestation héroïque (4-4 avant d’encaisser un but cruel en fin de match). « À Bordeaux, je pense qu’on n’avait jamais vu un match d’un tel niveau », estime le manager.
L’ultime choc face aux Suédois de Frölunda, venus au grand complet, a fait office de véritable leçon de très haut niveau. Un revers marquant, mais assumé sans réserve :
« Il y a deux sentiments possibles : soit on a honte, soit on est déçu mais on dit bravo. C’est le deuxième sentiment qui domine. On ne peut qu’applaudir la qualité de l’équipe en face. Les joueurs ont tout donné avec les armes qu’ils avaient à ce moment-là. »
Bordeaux termine sa campagne européenne à la 19ᵉ place sur 24 équipes, après avoir affronté quatre formations du top 8 européen.
L’exigence de la CHL et l’accumulation des blessures :
Cette immersion au plus haut niveau européen a inévitablement pesé sur les organismes.
Outre l’exigence athlétique des rencontres, la répétition des longs déplacements à travers l’Europe a durement éprouvé le groupe. Entre les trajets énergivores et le calendrier particulièrement serré, la notion de récupération — pourtant cruciale à ce niveau de compétition — a été mise à rude épreuve par cet enchaînement ininterrompu de matchs.
Face au manque de profondeur d’effectif et à un centre de formation qui ne peut pas encore rivaliser avec des structures comme celle de Grenoble, la répétition des efforts a fragilisé le groupe.
« Ce n’est pas simple de mener de front la Coupe d’Europe et le championnat. Les joueurs ne sont pas des robots, ce sont des humains. Certains ont été surutilisés en raison de l’enchaînement des matchs et des pépins physiques. C’est logique que ça finisse par céder », explique M. Tartari.
En Ligue Magnus, la fatigue accumulée a coûté de précieux points. Bien que le club ne cède pas à la panique, le manager général ne masque pas sa déception face au classement actuel : « Nous ne sommes pas là où nous aimerions être. On ne peut pas se satisfaire de nos résultats et de certains matchs, mais nous restons calmes et nous travaillons. »
Point complet sur l’infirmerie bordelaise
Afin d’éclairer les supporters, Stéphan Tartari a détaillé la situation médicale au sein de l’effectif :
Quentin Papillon : Éloigné de la glace pour 10 à 15 jours suite à un pépin physique.
Jarod Hilderman : Victime d’une fracture au doigt, le défenseur doit attendre la consolidation osseuse. Son retour est espéré après la trêve internationale, mi-novembre.
Ulysse Tournier : Suivi au jour le jour, il a repris le patinage. Un retour est espéré dès la semaine prochaine (face à Toulouse en Coupe de France ou contre Amiens vendredi 23 octobre).
Félix Girard : En phase de reprise d’intensité sur la glace, avec un retour envisagé mercredi ou vendredi prochain.
Yvan Mongo : Touché à Angers il y a une dizaine de jours, son indisponibilité est estimée à quelques semaines, avec un retour espéré d’ici la fin du mois.
« Tous les blessés continuent de travailler physiquement sur les parties du corps mobilisables afin d’être opérationnels dès leur feu vert », précise-t-il.
Objectif championnat et Coupe de France : Le message aux supporters
Désormais libérés des joutes européennes, les Boxers abordent une fin de mois d’octobre particulièrement dense, entre les matchs de championnat (Gap, Amiens, Grenoble) et l’entrée en lice en Coupe de France face à Toulouse.
Avant la trêve internationale durant laquelle plusieurs joueurs bordelais rejoindront l’équipe de France pour un tournoi à Amiens, l’objectif est clair : retrouver de la fraîcheur et engranger des points.
Enfin, Stéphan Tartari a tenu à adresser un message chaleureux au public de Mériadeck :
« Les supporters répondent présents, la patinoire est pleine, du jamais vu un mois de septembre. On sait qu’ils sont déçus du manque de victoires actuellement, mais qu’ils nous fassent confiance. Tout le monde travaille dur et se remet en question. L’équipe a prouvé sa valeur et nous allons retrouver notre rythme. »
Source : Boxers de Bordeaux